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Placement libre, vu par Martine L.Petauton dans La cause Littéraire

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Lire tout l’article ici: http://www.lacauselitteraire.fr/placement-libre-ella-balaert

« Ella Balaert n’en est pas à son coup d’essai ; elle cisèle de temps à autre, et c’est toujours bienvenu, des écrits/essais/romans – genre habilement mélangé – qui nous parlent de femmes – elle les connaît bien, elle les aime – en prise avec leur époque (…) Une élégance, une précision du mot, des phrases vraies, drues, pour cerner, piquer au risque de la douleur – dans cette femme-là – ce qui fera sens dans les autres, toutes, et bien sûr, au premier chef, nous (….)

Bien joué, Ella, une fois encore (…) le deal littéraire est parfaitement réussi : ce n’est plus la fille à laquelle on pense en refermant l’opus, c’est à nous, cette autre fille en « placement libre » elle aussi, plus souvent qu’à son tour. Remarquable passage de témoin. »

Placement libre, présentation

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Broché: 96 pages

Éditeur : DES FEMMES (13 octobre 2016)

Langue : Français

ISBN-10: 2721006592

ISBN-13: 978-2721006592

13 €

Résumé:

Une femme achète deux billets pour aller voir avec son ami, deux jours plus tard, une pièce de théâtre interprétée par un de ses acteurs préférés. Les billets sont en Placement libre. À peine sont-ils imprimés que ces deux mots, pris dans les mailles d’associations douloureuses, réveillent son inquiétude de n’avoir pas sa place ici-bas. Une partie d’elle regrette déjà cet achat. Elle a quarante-huit heures pour décider que faire : de ses billets, d’elle-même…

Par ce prisme d’un personnage singulier et de son intimité, j’ai voulu raconter quelque chose de plus général, de collectif, de notre temps : la difficulté à trouver sa place.

Presse:

Médiapart, Emmanuelle Favier : “Le roman d’une lutte des places “ :

Comment trouver sa place lorsqu’elle n’est pas assignée ? Et comment sortir de la place qui nous est assignée pour choisir la sienne propre ? Ella Balaert explore de l’intérieur notre inquiétude existentielle et la manière dont le monde contemporain exacerbe cette angoisse” .

Suivi d’un entretien :  https://blogs.mediapart.fr/emmanuelle-favier/blog/261116/ella-balaert-ou-le-roman-d-une-lutte-des-places?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-66

La cause littéraire, Martine L.Petauton : http://www.lacauselitteraire.fr/placement-libre-ella-balaert

« Ella Balaert n’en est pas à son coup d’essai ; elle cisèle de temps à autre, et c’est toujours bienvenu, des écrits/essais/romans – genre habilement mélangé – qui nous parlent de femmes – elle les connaît bien, elle les aime – en prise avec leur époque (…) Une élégance, une précision du mot, des phrases vraies, drues, pour cerner, piquer au risque de la douleur – dans cette femme-là – ce qui fera sens dans les autres, toutes, et bien sûr, au premier chef, nous (….)

Bien joué, Ella, une fois encore (…) le deal littéraire est parfaitement réussi : ce n’est plus la fille à laquelle on pense en refermant l’opus, c’est à nous, cette autre fille en « placement libre » elle aussi, plus souvent qu’à son tour. Remarquable passage de témoin. »

Lætitia Deprez, Le Courrier Picard : “L’angoisse d’être libre”

Placement libre… nous saisit et nous surprend. On lit sans s’arrêter… Un chemin initiatique pour trouver sa place, son espace de liberté, 96 pages pour apprendre à dire Je. ”

 

Extraits:

« La tête te tourne un petit peu. Tu l’avais vu indiqué sur ton écran ce n’est pas une découverte que t’arrive-t-il, c’est à cause de ça n’est-ce pas, le goût de bile du billet, tu ne savoures rien du tout en fait, tu as deux places pour aller voir Denis Marescat mais si ça se trouve tu n’y verras rien, tu seras mal placée parce que les billets sont en Placement libre. Tu n’aurais pas dû réserver ces places. Où iras-tu t’asseoir? Et si tu es au dernier rang? Et si un chapeau ou si un chignon (oh comme tu le vois ce chignon avec une grosse barrette plantée dedans) vient se poser juste devant toi et te cacher la vue?
Que tu regrettes d’avoir acheté ces entrées au théâtre !
C’est le problème du placement libre : trois fois sur dix tu es mal placée et dix fois sur dix tu as peur de l’être. Tu prends en main la feuille de papier. Tu ne quittes pas des yeux le mot placement le mot libre. Tu ne verras pas Denis Marescat, tu le sens quelque chose va t’en empêcher. C’est écrit, là. »

« Ta veste serrée autour de toi, tu marches sur le trottoir. Tu avances d’un pas régulier. Un homme face à toi vient droit sur toi. Une dizaine de mètres vous séparent. Tu le connais bien, cet homme qui marche face à toi. Parfois il porte un parapluie ouvert et se protège de la pluie, dans ce cas tu ne vois pas son visage, à peine le menton, mais de toute façon parapluie ou non, tu ne croises jamais son regard. Ses yeux, parfois. Mais pas son regard. Tu ignores son nom, son âge, son métier, s’il est marié ou non tu ne sais rien de tout ça, c’est peut-être la première fois que tu le vois mais tu connais bien sa manière de foncer sur toi, parfois il est jeune et parfois ses cheveux sont blancs, il avance en ligne droite. Il ou elle. Parfois c’est une femme. Ça ne change rien, ce n’est pas une question de  galanterie. Plus que quelques pas, tu pourrais hésiter, tu n’y penses même pas. Tu pourrais  modifier le destin. Et si ? Et si pour une fois ? Ça te traverse, à peine une pensée mais une petite hésitation du pied gauche au moment de le reposer.flyer-lectures-femmes

L’homme avance sans ralentir ni dévier. Le trottoir est étroit. C’est toi au dernier moment qui t’écartes, toi qui descends du trottoir, qui poses le pied dans le caniveau, c’est toi, c’est toujours toi. Qui t’effaces, comme le mot est juste. On pourrait croire que c’est naturel. On aurait raison : c’est devenu naturel. C’est toujours toi qui le laisses passer. Ou la laisses passer. S’il pleut, c’est toujours toi qui hausses très haut ton parapluie en te hissant sur la pointe des pieds si l’homme est plus grand que toi, ou qui l’inclines sur la droite, pour qu’il occupe moins d’espace. Et alors c’est toujours toi qui te fais tremper. Aujourd’hui par chance, il ne pleut pas. »

Fictions de rue (22) : Supercalife

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Supercalife. Ce serait son nom. Quelque part entre Superman et Marie Poppins. Et comme eux capable de voler. Supercalifragilistietc, c’est impossible à dire. Quand il est bourré, il ne dépasse pas la quatrième syllabe. Or il est bourré. Sa tête tourne. La terre aussi tourne.  Dans le même néant noir. Il serait calife à la place du calife, il serait supercalife.

Parce qu’on est là les deux mains accrochées à la barre verticale d’un cheval de bois, mais si ça se trouve, il n’y a pas de barre, c’est juste une illusion, ce n’est qu’un bâton de neige, tant qu’on y croit on tient assis et puis brusquement, le cheval quitte le manège, hop ! Non pas pour caracoler librement dans les champs comme ça se passe dans le film, mais parce que tout à coup, ça n’existe plus et alors boum, on tombe. Fondus les cœurs de glace. Mais on s’en fout, pas vrai, barre ou pas, l’important c’est que la terre tourne, supercalifetc, l’important c’est qu’on y croie, c’est l’illusion qui fait vivre, vrai ou non qu’est ce que ça change. Même pas besoin d’ouvrir le parapluie.

Quand il s’écrase sur le sol, la tête la première, il tombe aussitôt en petites poussières blanches que le premier vent venu disperse.

 

Paris – Nemo et Jérôme Mesnager