écrivain

Ella Balaert, atelier d’écriture de textes sur le thème “commencer, finir” ( Tergnier)

D’abord, il y a l’ambiance, qui n’est pas celle d’une classe. Une vingtaine d’enfants, de la 6ème à la 3ème. Ils se connaissent, mais de loin. Ils connaissent la prof, mais ne l’ont pas (pas forcément) en cours de français. Ils sont tous volontaires. C’est donc l’écriture qui nous rassemble, qui va nous révéler les uns aux autres, nous faire rire, nous prendre à la gorge, nous faire suer, sang et encre, quand il faudra raturer, biffer, recommencer.

Commencer, justement : tel était le thème de l’année. Et finir.  Thème infini, pourtant, qui nous plonge dans des abîmes de réflexion, de rêverie, de spéculation amusée. Où commence le commencement des choses ? Et leur fin ?

Au début, on joue. On se pose des questions à la Kipling sur des origines fantaisistes, des devinettes rigolotes. Il était une fois. Mais pourquoi est-ce que ce sont les femmes qui portent les enfants ?

Puis on ne joue plus : on se prend au jeu. Au début était le Verbe. On consacre plusieurs séances à l’élaboration de mythes. Les dieux, c’est nous. La terre, c’est nous qui l’inventons. Les premiers hommes, c’est encore nous. Et les derniers aussi. Les tout derniers survivants, à regarder de très loin le dernier nuage de petite poussière, c’est nous.

Et l’ambiance est toujours là. On apporte des livres, des bonbons, des boissons. On travaille et on fait salon. Lire, écrire, manger, réécrire, mâcher ses mots, tout ça, c’est du gâteau… Et à la fin, petite cerise tout la-haut, on lit son texte aux autres, on cherche comment l’illustrer.

Cinq après-midis, ça passe vite.

Il a fallu finir.

Mais l’an prochain, c’est sûr : on recommence !

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