écrivain

Ella Balaert, compte rendu de l’atelier d’écriture: bestiaire fabuleux (Rouen)

Peut-on faire écrire des tout-petits ?  Ils ont six ans à peine, pour certains, dans ce CP de centre ville. Tracer sur la ligne la moindre phrase leur prend dix bonnes minutes et lorsqu’ils écrivent, très appliqués, très concentrés, leurs préoccupations  exclusives sont formelles –et coercitives : ne pas dépasser de la ligne, ne pas faire de faute d’orthographe, et pour cela désespérément chercher des yeux  le modèle de la maîtresse…

Et pourtant… ma réponse est oui. Et même un oui enthousiaste.

Oh, bien sûr, on écrit d’abord, on écrit beaucoup, oralement. Mais l’écriture ne se confond pas avec la graphie. Et si le travail du texte commence avec le choix du mot, sa couleur, son chant, ses implications, et sa façon de se marier aux autres, alors, naturellement, avec les plus petits, rien n’empêche ce travail-là de se faire d’abord dans un échange oral. Et un échange ludique (j’avais amené un jeu de cartes, représentant des animaux, qui nous a bien aidés à en inventer de nouveaux, et bien amusés!)

Nous avons donc écrit des histoires fantastiques, avec les enfants de Pottier. Partant des photos qu’ils avaient prises lors d’une promenade en ville –et qui nous imposaient les lieux et les décors de nos histoires – nous avons imaginé des animaux fantastiques –qu’ils ont ensuite créés, en volume, avec leur maîtresse, pour un résultat plastique tout à fait magnifique. 

Quant aux textes eux-mêmes, mettant en scène des Zémeaux rayés, un Zébou à bois de cerf et autres Chamards et Salareaux, ils témoignent des grandes ressources imaginatives des petits.

Si petits qu’ils ne sont pas encore bridés – on dit souvent formatés– par l’inlassable  répétition des mêmes  types de personnages que certaines émissions et certains jeux vidéos leur offrent.

Et comme dit la chanson de Caussimon, Moi bien sûr, je souhaite tout bas, que ça dure

 ( Quelques photos du résultat sont visibles dans le diaporama.)

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