écrivain

Ella Balaert, compte rendu: ateliers d’écriture de nouvelles sur le thème de l’autre (Diverses classes du Loiret)

Hiver 2002. Courage. N’ayons peur de rien : avec des jeunes du Loiret,  deux secondes et une quatrième, on va parler de, on va écrire sur … « l’Autre ». Rien que ça.

L’autre, différent, et dont l’altérité séduit ou effraie ; l’autre, semblable à moi, tellement même que je m’y perds, que dans le miroir l’image se brouille, s’abime, s’altère, au point que je ne m’y reconnais plus. Et si l’autre le plus autre gisait au plus profond de moi ? Certes, voici une idée qui me met hors de moi (car on est là pour s’amuser, aussi, un peu)!

Allons, décidément, ce thème m’inspire. Quoi de plus « normal », d’ailleurs ? Puisqu’il pose en son énoncé même la question de la norme. Qui est celle de l’écriture. Ecrire, n’est-ce pas altérer ? Rebaptiser ? Recréer ? Changer les choses ?  Le monde, peut-être ?

Dans le train du petit matin, les idées se bousculent un peu. J’ai la tête pleine d’un peuple d’autres. Et d’idées de lectures, de films. Je vais tout leur déballer, tout leur balancer, tout ce que l’autre me dit, me suggère, me murmure au creux de l’oreille. Je vais les saoûler, les sonner. Parce que l’autre, c’est immense, c’est grouillant, c’est infini. Parce que l’autre, c’est la vie même.

La porte s’ouvre. Je reste une seconde au seuil de la classe. Ça me gifle en silence : l’autre, c’est moi. Et en face, les autres, ils sont vingt, ils sont trente, attentifs et  curieux.

Faut y aller. J’entre.

 

Comments are closed.