écrivain

Ella Balaert, compte rendu: atelier d’écriture de textes sur le thème de la Terre (Tergnier)

Nous avions déjà, les années précédentes,  proposé aux enfants d’écrire sur « la couleur » –et pour ce faire, inventé des textes oulipiens – ainsi que sur « le commencement du monde » –et à ce titre, modestes  démiurges, participé à des créations de mondes, rien que cela. Cette année, je les ai retrouvés avec plaisir, les jeunes de Tergnier, autour de « la Terre ».  Nous avons parlé de notre planète, d’un bleu certes un peu délavé, mais bien jolie encore, tout de même, et sur laquelle cela vaudrait la peine de veiller un peu. Comme j’aime bien amener quelques lectures, et comme j’aime bien faire de la pub aux copains, je leur ai mis une histoire de Sigrid Baffert entre les mains. On a décortiqué son synopsis, ses personnages. On a travaillé son art de l’intrigue. Et l’envie nous est venue d’écrire, ensemble, un  récit à sa manière.

L’écriture à plus d’une dizaine de plumes est un exercice un peu aléatoire. Il ne suffit pas, aux enfants, d’avoir des idées ni de l’énergie, même si cela vaut mieux ; il ne leur suffit pas d’avoir deux ou trois bons amis dans le groupe, même si ça aide ; il ne leur suffit pas de « savoir écrire », voire « d’être bon en français »,  au contraire, même, parfois, pas toujours, faut pas non plus tomber dans l’excès inverse. Il faut en plus, il faut surtout, savoir écouter les autres, savoir renoncer à sa manière de voir les choses, éventuellement même, trouver le copain carrément plus génial que soi, ne serait-ce que  pour mieux entendre ensuite la petite voix qui vient du fond de soi-même.

Résultat, et comme ici ils savent très bien s’entendre,  on a très bien avancé, dans la bonne humeur et l’efficacité. De la recherche de la documentation (sur les états de la terre)  à l’écriture à proprement parler (des textes brefs, un petit polar): que de la fluidité, de bonnes trouvailles, des idées de personnages ou d’anecdotes vraiment sympas chez les enfants, et quelques bonnes séances de rires, partagés avec les profs présents.

Mais ma plus grande fierté vient de ce que Catherine Teyssedou m’a dit à la fin : qu’elle avait entendu, pour la première fois, parler des enfants qui d’habitude n’ouvrent jamais la bouche.

Allons, pour porter des jeunes de cette trempe, « la terre » n’est pas en si mauvais état, c’est rassurant.

 

 

 

 

 

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