écrivain

L’avis d’A.C. Tessier, dans Les livres de George et moi

Anne-Claire Tessier, auteur du blog de lecture Leslivresdegeorgeetmoi, et spécialiste de Sand (en thèse sur cet auteur) :

18, 2012 by

“Tout a commencé par un mail reçu, puis d’autres entre Ella Balaert et moi, des mails autour de George Sand, autour d’un roman achevé et qui allait paraître sur George Sand et Nohant, comme le titre l’indique. Et puis, plusieurs semaines après, j’ai reçu une enveloppe avec le livre à l’intérieur et une belle dédicace de l’auteur. Mais vous me connaissez, on ne m’a pas si facilement, avec moi, il faut faire ses preuves, et sans doute encore plus quand on me parle de George Sand. Cette après-midi, la maison était miraculeusement silencieuse malgré la présence des enfants, il pleuvait, il faisait froid, je me suis fait une tisane au miel pour adoucir ma gorge, me suis calée dans le canapé du salon et j’ai lu, et une heure plus tard, je refermais le livre achevé.

Il s’est passé cette chose étrange, cette impression que ces lignes lues, j’aurais pu les écrire tant elles correspondent exactement à ma vision de Sand, tant Ella Balaert a tout compris. Mais je n’aurais sans doute pas eu cette capacité à faire revivre Sand, Nohant, aussi bien. Une fois encore, comme ce fut le cas pour Blonde concernant Marilyn, le roman surpasse le biographique.

Un soir, une visiteuse se laisse enfermer dans le parc de Nohant. La nuit tombée, dans une atmosphère un peu magique, Balandard, marionnette créée par le fils de Sand, prend apparence humaine, en même temps que George Sand émerge de sa tombe. Durant toute une nuit, la marionnette va emmener la visiteuse, et Sand à leur suite, dans toutes les pièces de la demeure, et évoquer les souvenirs enfermés entre ses murs dans un ordre chronologique.

Alors oui, un peu comme pour le Titanic, je connaissais déjà tout ce qui a été évoqué, mais c’est là la prouesse de Balaert, même si on connaît l’histoire on la lit avec plaisir, car au-delà des faits racontés, des anecdotes, c’est la façon dont tout cela est dit, c’est la capacité à avoir compris et rendu ce que chaque évènement peut signifier sans tomber dans les lieux communs, qui est passionnant. Le roman s’apparente par moment au théâtre, au rêve et j’ai particulièrement aimé ces pages où l’auteur évoque toutes les personnes croisées dans le salon de Sand au fil des années.

Sand est là, vivante, on la sent, on l’entend, et le fait de reprendre en italique des extraits de sa correspondance ou de son autobiographie la rend encore plus présente. On entend son accent berrichon, sa liberté de ton, ses accents autoritaires. J’en avais des frissons.

Quant à Nohant, là encore l’évocation est parfaite, et j’ai revécu mes visites passées et déjà trop lointaines, je me suis revue dans le petit cimetière, devant le placard, dans la cuisine. Là aussi, Nohant est vivant, bruissant, les domestiques vont et viennent, les chiens nous passent entre les jambes.

Ce n’est pas une maison, Nohant. C’est un mythe. Une fiction. Un roman de plus à mettre à ton actif. C’est un lieu, et c’est un non-lieu : une utopie. L’Utopie sandienne. (p.75)

Ella Balaert a tout compris, c’est magistral. Elle nous donne le vrai visage de Sand, du moins celui sous lequel je l’imagine, mais ce n’est pas non plus une hagiographie et le personnage de Balandard est là aussi pour mettre l’accent sur les travers de Sand, même si cela énerve la romancière. Car ce roman n’est pas mièvre et doucereusement élogieux, il est souvent drôle, piquant, tout en étant sensible et intelligent.

Je pourrais encore continuer longtemps à vous parler de ce livre qui est une parfaite introduction à l’oeuvre de Sand. Tout y est et bien plus encore, et même l’épisode des confitures est traité avec humour. C’est une vraie réussite, c’est jouissif, oui je n’ai pas peur du terme car pendant une heure j’ai vraiment eu l’impression de rencontrer Sand, de me promener à Nohant à ses côtés et de la découvrir telle qu’elle devait être.

Il faut lire ce livre, et le faire lire car il dépoussière les lieux communs, il montre une George Sand moderne et vraie, rompt cette image idiote de Bonne dame de Nohant.

Ella Balaert a un site que vous pouvez également visiter pour en savoir plus sur elle et son oeuvre”.

Pour lire les commentaires et découvrir le riche blog d’AC Tessier, cliquer ici

 

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s