écrivain

Fictions de rue (20) : Meute sentimentale

La manifestation commençait à 23 heures.

David de la Mano (2)

En tête avançaient les jeunes, en manteau noir et robe blanche, des racés, âpres au gain et joueurs. Pressés d’arriver, d’en découdre et de tailler dans le vif, ils fonçaient en cassant tout sur leur passage et en menant grand tapage. Derrière eux venaient leurs pères, non sans une certaine lenteur de molosses, déterminés et sérieux.

À quoi dut-il de savoir que les Anciens, eux aussi, étaient là ? Pas au bruit, car ils étaient silencieux. Mais ils poussaient tout le monde devant eux, du nez, du bec, d’une crosse, d’une pique ou d’une fourche. De tout ce qui, venu de loin, venu de jadis, venu de l’enfance, assaille et attaque.

Quand il se réveillait, il lui fallait de plus en plus de temps pour rendre à son chenil la meute de ses cauchemars. Un effet de l’âge, peut-être. Ou de son époque.

David de la Mano (1)

Paris – David de la Mano

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