écrivain

Fictions de rue (22) : Supercalife

Jérôme-Mesnager-et-Nemo

Supercalife. Ce serait son nom. Quelque part entre Superman et Marie Poppins. Et comme eux capable de voler. Supercalifragilistietc, c’est impossible à dire. Quand il est bourré, il ne dépasse pas la quatrième syllabe. Or il est bourré. Sa tête tourne. La terre aussi tourne.  Dans le même néant noir. Il serait calife à la place du calife, il serait supercalife.

Parce qu’on est là les deux mains accrochées à la barre verticale d’un cheval de bois, mais si ça se trouve, il n’y a pas de barre, c’est juste une illusion, ce n’est qu’un bâton de neige, tant qu’on y croit on tient assis et puis brusquement, le cheval quitte le manège, hop ! Non pas pour caracoler librement dans les champs comme ça se passe dans le film, mais parce que tout à coup, ça n’existe plus et alors boum, on tombe. Fondus les cœurs de glace. Mais on s’en fout, pas vrai, barre ou pas, l’important c’est que la terre tourne, supercalifetc, l’important c’est qu’on y croie, c’est l’illusion qui fait vivre, vrai ou non qu’est ce que ça change. Même pas besoin d’ouvrir le parapluie.

Quand il s’écrase sur le sol, la tête la première, il tombe aussitôt en petites poussières blanches que le premier vent venu disperse.

 

Paris – Nemo et Jérôme Mesnager

 

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